La prise en charge de la ménopause en France en 2026 : ce qui change vraiment

Le 9 avril 2025, un rapport comportant 25 propositions pour améliorer la prise en charge de la ménopause a été remis au gouvernement par la députée Stéphanie Rist.1 Qu'est-ce qui a changé dans la prise en charge actuelle de la ménopause ? On fait le point.

En avril 2025, la députée du Loiret, Stéphanie Rist a remis au gouvernement un rapport complet concernant la ménopause1 qui rassemble 25 propositions. Elles visent à mieux informer les femmes sur cette période importante de leur vie et à formuler des recommandations claires pour favoriser la prise en charge de la ménopause. Voici ce que ces propositions ont changé.

Traitement des symptômes de la ménopause : où en est la France ?

Pour certaines femmes, les symptômes de la ménopause peuvent être difficiles à supporter et altérer leur qualité de vie. Heureusement, il est possible d’améliorer leur quotidien grâce à des traitements qui soulagent les symptômes désagréables.

Le traitement hormonal de la ménopause (THM)

Le THM vise à compenser la chute du taux d’hormones sexuelles dans le sang. On l’appelle aussi traitement substitutif de la ménopause. Il associe un œstrogène et un progestatif. L'oestradiol, qui est un œstrogène naturel, est administré par voie cutanée. Ce mode d’administration est préféré à la voie orale car cette dernière multiplie par deux le risque de phlébite et d’embolie pulmonaire. L’oestradiol est le plus souvent prescrit en association avec la progestérone ou un de ses dérivés. Les femmes qui n’ont plus d’utérus n’ont pas besoin de progestérone.2

La fréquence d’administration du THM est déterminée par un médecin, elle varie d’une femme à l’autre. Il peut être prescrit de façon discontinue (25 jours par mois)2.

La décision de démarrer un THM se fait au cas par cas. Il peut être proposé dans les cas suivants2 :

  • Si les symptômes de la ménopause altèrent la qualité de vie familiale, sociale et professionnelle ;
  • Si la ménopause survient de façon précoce (avant 40 ans), et ce, jusqu'à l'âge de survenue de la ménopause naturelle (50 ans en moyenne);
  • S’il y a un risque élevé de fractures liées à une perte de densité osseuse. Dans ce cas, le THM permet de prévenir la perte de densité osseuse qui conduit à l’ostéoporose (et les fractures associées).

Le THM peut être proposé dans ces trois situations, à condition que la femme n’ait jamais eu de cancer du sein et ne présente pas de risque cardiovasculaire (tabagisme, antécédent d’accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde) 2.

Par ailleurs, un traitement à base d’œstrogène, à appliquer localement deux fois par semaine, peut aussi être prescrit aux femmes ménopausées atteintes de sécheresse vaginale. Il diminue la sensation de « vagin sec » et aide à lutter contre les cystites, les envies pressantes d’uriner, et la vaginite (inflammation du vagin).2

Les traitements non hormonaux

Pour celles qui souffrent de bouffées de chaleur, il existe deux médicaments sans hormone3 :

  • L’Abufène ; (disponible sans ordonnance)
  • Le Fézolinétant (plus connu sous le nom de Veoza, disponible sur ordonnance).

Les troubles liés à la ménopause peuvent aussi être soulagés par la phytothérapie, l'homéopathie, certains oligo-éléments et des compléments alimentaires3. Même si ces traitements non-hormonaux sont disponibles sans ordonnance et que leur efficacité n'est pas établie, il est préférable de demander l’avis d’un médecin avant de les prendre.

En cas de sécheresse vaginale, des produits de soins intimes vendus en pharmacie peuvent soulager les symptômes associés (irritations, inconforts, douleurs pendant les rapports…)3.

La ménopause ne se manifeste pas seulement par des symptômes physiques. Chez certaines femmes, elle engendre des troubles du sommeil, de l’irritabilité, de l’anxiété ou encore une humeur dépressive. Un accompagnement par un psychologue peut aider à se sentir mieux.2

L'avis de la haute autorité de santé a confirmé la place du THM dans la prise en charge des troubles symptomatiques des femmes ménopausées

Le rapport sur la ménopause remis au gouvernement par Stéphanie Rist avait fait état d’un manque d’information des professionnels sur les recommandations relatives à la prise en charge de la ménopause : “faute de clarté sur les thérapeutiques probantes, les femmes sont encore trop souvent mal informées ou orientées vers des thérapeutiques très onéreuses et ne faisant l’objet d’aucune étude scientifique favorable”1. Ainsi, la députée regrettait que seulement 2,5% des femmes aient acheté un traitement hormonal de la ménopause (THM) en 2024, chiffre qui s’était “effondré en comparaison avec le début des années 2000”1. Cette faible proportion était liée, selon elle, à un climat “anti-hormones”.1

À la suite de la publication du rapport, la Haute Autorité de Santé (HAS) a réévalué les spécialités indiquées dans le THM. En septembre 2025, elle a publié un nouvel avis sur les médicaments indiqués dans le traitement hormonal de la ménopause.4

Voici ce qu’il faut en retenir4 :

  • L’efficacité du THM sur les symptômes de la ménopause, notamment sur les bouffées de chaleur et l'os, est confirmée ;
  • La prescription du THM doit être évaluée pour chaque femme et une réévaluation, au minimum une fois par an, est nécessaire ;
  • Pour l’administration du THM, la voie cutanée est à privilégier par rapport à la voie orale plus risquée au niveau thrombo-embolique ;
  • Le THM est le seul traitement remboursable pour traiter les signes de déficit en œstrogènes chez les femmes ménopausées.

THM : bénéfices VS idées reçues

Contrairement à ce qui a pu être dit sur le THM, celui-ci ne fait pas prendre de poids à dose minimale et durée limitée, n’augmente ni la mortalité globale ni celle liée aux maladies cardiovasculaires ou au cancer du sein.2

Le traitement hormonal substitutif pourrait même avoir un effet protecteur sur le taux de mortalité lorsqu’il est commencé dans les 10 premières années de la ménopause. Enfin, il prévient l’ostéoporose et réduit ainsi le risque de fractures de 30 à 40%.2

Une consultation ménopause gratuite et remboursée à 100% 5

En plus d’avoir réhabilité le THM en permettant une réévaluation des spécialités indiquées dans le THM par la Haute Autorité de Santé, le rapport Rist a donné naissance à la première consultation ménopause remboursée à 100% par l'assurance maladie.5 Désormais, toutes les femmes âgées de 45 à 65 ans peuvent bénéficier d’une consultation destinée à les informer sur cette période de la vie, à repérer les éventuels risques au moment de la ménopause et à les informer sur les éventuels traitements médicamenteux qui peuvent être mis en place5.

À noter qu’il est possible pour les femmes d’aborder les difficultés et symptômes liés à la ménopause lors du bilan prévention entre 45 et 50 ans. Cette consultation dure entre 30 et 45 minutes et peut être réalisée par un médecin, une sage-femme, un infirmier ou un pharmacien.2

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À retenir

  • Les symptômes de la ménopause peuvent être soulagés par des traitements hormonaux et non hormonaux.
  • Le THM est un traitement hormonal reconnu efficace sur certains des symptômes de la ménopause.
  • La décision de démarrer un THM se fait au cas par cas et dans certaines situations précises.
  • Désormais, les femmes entre 45 et 65 ans peuvent bénéficier d’une consultation ménopause longue et remboursée à 100 % par l’Assurance maladie.

RÉFÉRENCES

  1. La ménopause en France. Remise du rapport de Stéphanie Rist, députée du Loiret. 9 avril 2025 (document consulté le 1er juin 2026).
  2. Périménopause et ménopause : mode de vie et traitement, Ameli.fr, 9 avril 2026 (article consulté le 1er juin 2026).
  3. Les traitements non hormonaux de la ménopause, Vidal.fr, 5 mai 2025 (article consulté le 1er juin 2026).
  4. Avis de la haute autorité de santé: https://www.gyneco-online.com/sites/default/files/sites/default/files/SPECIALITES%20INDIQUEES%20DANS%20LE%20TRAITEMENT%20HORMONAL%20DE%20LA%20MENOPAUSE%2C.pdf
auteur: Annabelle Iglesias
Annabelle Iglesias
Journaliste Santé
Diplômée de l'ESJ Pro, Annabelle Iglesias est une journaliste pigiste, spécialisée dans la santé et le bien-être. Elle écrit principalement sur des thématiques santé et nutrition.

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